Isabelle Garron
Isabelle Garron, Maître de conférences au Département Sciences Économiques et Sociales de l’École Nationale Supérieure des Télécommunications.

Sémiologue de formation, docteur de l’université Paris 7 en sciences des textes et documents, elle est également chercheure associée du Gripic, Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur les Processus d'Information et de Communication (Université Paris-Sorbonne EA 1498). Ses thèmes de recherche et d’enseignement étudient l’analyse des pratiques, des usages et la représentation des corpus de textes et d’images dans l’économie des médiations. Son activité de critique d’art et de recension d’expositions sur le plateau de Peinture Fraîche sur France Culture l’amène aujourd’hui à s’interroger sur la notion de « parcours informationnel » et de circulation des publics comme réponse interactive adaptée à la création d’événements dans l’espace du musée.

Propos d’Annie Gentes & Isabelle Garron : Parcours de musées et réseaux mobiles adhoc : une tension irréconciliable ?
Nous proposons une réflexion prospective sur l’usage des appareils mobiles en réseau dans le musée. Smart phone, PDA, tablette internet, introduisent un nouveau média à l’intérieur du musée, qui, contrairement aux « terminaux » de type audioguide ou même pocket PC « clos » peuvent remettre en cause l’organisation pensée de la visite muséale. Nous questionnons le potentiel proprement disruptif de réseaux autres que ceux, hiérarchiques, imposés par l’institution. Un PDA en réseau adhoc n’est pas un simple player, ni un simple récepteur. C’est un émetteur et un outil d’écriture voire un outil d’acquisition. Il est intime mais pas exclusif : on peut communiquer avec les autres visiteurs sans passer par un serveur central. On peut bien sûr limiter le réseau et l’appareil pour lui assigner les fonctionnalités d’un simple récepteur- player, mais l’enjeu pour les designers et les chercheurs sur les médias est de contribuer à la définition de ces technologies naissantes dans leur contexte. Nous présenterons ainsi des pistes de réflexion autour des outils de création de récits personnels et de récits communs et d’outils de création de collectifs spontanés en interaction avec les musées.