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Edition 2009 : Le nouveau système des objets Regarder des contributions

26 novembre 2009 Regarder des contributions
10h00-12h30 | 1 - Le retour de la matière Regarder des contributions
Contexte

Les dernières décennies ont été dominées par le développement de ce que l’on a appelé le « virtuel », que l’on a opposé au « réel », et que l’on a assimilé à l’« immatériel ». Cependant, il n’y a aucune forme sans matière, et l’information est un état de matière. Avec l’internet des objets, c’est la matière qui revient au cœur des systèmes d’information. Il n’existe pas d’information sans supports matériels et réciproquement, ce qui signifie que le virtuel n’est pas l’opposé du réel : il en est la possibilité d’apparition et la profondeur de champ. Un indien Nambikwara projette dans la forêt amazonienne une virtualité foisonnante par laquelle ce milieu hostile est pour lui non seulement habitable, mais familier, constituant en cela sa réalité quotidienne. Un espace urbanisé est un réseau de rues, c’est à dire d’objets urbains nommés et en cela « étiquetés » et « virtualisés ». L’internet des objets communicants consiste en un étiquettage électronique et généralisé des objets industriels qui intensifie la virtualisation du réel, ce qui signifie qu’il constitue un nouvel espace relationnel – le virtuel est ce qu’actualisent des relations – où les objets faisant ainsi système transforment les relations entre les sujets, au risque parfois de les court-circuiter.

Contenu (sous réserve de confirmation)
  • Bernard Stiegler, Directeur, IRI / Centre Pompidouexternal,

    Dans Le système des objets, publié en 1968, Jean Baudrillard montrait qu’après la seconde guerre mondiale, et avec le développement de ce qu’il nomma dans un autre livre la société de consommation, la chose industriellement produite devait prendre une place sans cesse plus essentielle dans la vie des hommes. Il montra qu’il fallait appréhender le système des objets industriels non seulement, ainsi que le propose Gilbert Simondon dans Du mode d’existence des objets techniques, comme système des objets technologiquement fondé, mais également dans ses dimensions sociales, économiques et psychologiques, exploitées par ce que depuis quelques années j’appelle moi-même un psychopouvoir.  

    Le nouveau système des objets qui se met en place de nos jours – constitué d’objets réticulés, émetteurs et récepteurs d’information, dotés d’adresses IP et indexés par des métadonnées –, repose sur le devenir structurellement mnémotechnique de tout objet, c’est à dire sur le fait que l’objet quotidien, banal (des arbres de Paris aux carcasses de bœuf exportées et transportées partout dans le monde en passant par des objets personnels « communicants »), participe à la constitution d’un nouvel espace mnésique : un espace d’écriture de la mémoire industriellement organisé et normé, dont les données sont recueillies et centralisées, et qui constitue à la fois une hyper-connectivité, une hyper-objectivité, une hyper-réticularité et une hyper-traçabilité.  

    Cet état de fait, bouleversant les rapports des objets et des sujets, constitue un nouvel espace de transindividuation où nous voyons s’ouvrir une alternative entre deux possibilités extrêmes, l’une consistant à court-circuiter plus que jamais l’individu psychique, l’autre ouvrant la possibilité pour tous les individus de développer une nouvelle capillarité sociale, hautement distribuée, contributive, propice à l’émergence d’un nouveau type de « milieu associé ».

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  • Alain Cadix, ENSCI-Les Ateliersexternal Regarder des contributions
  • Henri Verdier, président du conseil d'administration de Cap Digitalexternal Regarder des contributions
  • Bernard Benhamou, Délégué aux Usages de l'Internet, Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Rechercheexternal Regarder des contributions
  • Questions-réponses Regarder des contributions
14h30-16h30 | 2 - Le nouvel objet industriel Regarder des contributions
Contexte

Le nouveau monde industriel produit un nouvel objet industriel – qui poursuit sur un autre mode ce que Simondon avait appelé le « processus de concrétisation » : ce néo-objet, comme l’appelle Jean-Louis Fréchin, enregistre des événements, en produit d’autres, s’agence à d’autres objets agis par des sujets, et produit ainsi lui-même des « actions » par le biais d’ « actionneurs ». Cet objet communicant « internetisé » est actif et visible du fait même de sa matérialité, tandis qu’il est porteur de qualités nouvelles, informationnelles, « virtuelles », et qui peuvent demeurer cachées, échappant au propriétaire de l’objet, et s’activant à son insu.
Le nouvel objet industriel, qui « s’anime », qui « raconte des histoires », tel un objet d’enchantement, est aussi un redoutable facteur du désenchantement dont Max Weber et Marcel Gauchet auront donné le sens historique : le nouveau système des objets, accentuant les effets déjà très réels de la traçabilité, paraît pouvoir dissoudre toute intimité, tout secret, toute singularité. Autrement dit, l’internet des objets constitue aussi le carrefour des possibles et des alternatives qui feront le nouveau monde industriel.

Contenu
  • Jean-Louis Fréchin, Designer-Architecte NoDesign.net - Directeur de Atelier de Design Numérique ENSCI-Les Ateliersexternal Regarder des contributions
  • Nicola Nova, chercheur et consultant Lift Labexternal,

    Depuis l’avènement de l’Internet of objets et de l’informatique ambiante, un certain nombre de produits sont sortis sur le marché. Swinxs (jeu pour enfant combinant des étiquettes RFID), Chumby (un cadre photographique connecté à l’Internet), Otoizm (un lecteur de MP3 partagé et ludique), Olinda (une radio connectée à un site communautaire)… en sont des exemples tangibles. Or le discours sur les nouveaux objets techniques tient souvent à l’écart ces dispositifs existants et qui commencent à êtres appropriés par une frange d’utilisateurs.

    Les objets en question ont pourtant beaucoup à raconter. Chacun de ces artefacts n'est en effet pas "neutre" et contient des principes sur la manière dont les individus interagissent avec eux et pourraient en bénéficier. C’est la notion de script proposée par Madeleine Ackrich. En s’appuyant sur ce cadre théorique, la présentation proposera une analyse de ces objets communicants actuels : que révèlent-ils à propos des utilisateurs potentiels ? Ont-ils des modes d’interactions spécifiques et innovants ? Quels présupposés sont inscrits dans le design de ceux-ci ? Ces dispositifs préfigurent-ils des usages à venir ?

    La présentation s’articulera autour d’une description riche mais concise des réponses à ces questions en « faisant parler » certains de ces objets. Une telle analyse permettra de dégager une vision prospective des caractéristiques des nouveaux objets industriels.

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  • Frédéric Kaplan, ingénieur et spécialiste des nouvelles interfacesexternal,

    Tout objet conjugue une fonction de service et une fonction de mémoire. Dans les objets traditionnels ces deux fonctions sont intimement liées, parfois difficilement distinguables. Les premiers silex taillés, comme tout bons outils, contenaient dans leur structure même à la fois leurs procédés de fabrication et leur manuel d’utilisation. Ils étaient des objets efficaces et utiles mais aussi des éléments décisifs dans la transmission des savoir-faire culturels.

    L’évolution technique nous permet aujourd’hui de considérer des objets pour lesquels la fonction de mémoire n’est plus entièrement contenue dans l’objet lui-même mais réalisée sous la forme de représentations archivées ailleurs. Ces objets en plus d’agir et de réagir dans le monde physique sont aussi et peut être avant tout des interfaces vers des données numériques. Leur cœur s’est déplacé ailleurs, en périphérie de leur structure physique. Cette nouvelle dualité permet de reconsidérer ce qui fait la valeur d’un objet et par conséquent de définir pour eux un nouveau cycle de vie fondamentalement différent de celui qui caractérise les objets industriels aujourd’hui.

    Nous pourrions argumenter que la valeur de ces nouveaux objets-interfaces, comme celle des objets traditionnels, réside dans les éléments biographiques qu’ils capturent. Comme, contrairement aux objets traditionnels, cette histoire est maintenant dissociée de l’objet lui-même, l’objet-interface peut être remplacé, recyclé, transformé, mis à jour. Il n’y pas de raison de s’y attacher. Idéalement on ne le possède pas. Il doit se contenter d’assurer sa fonction. Par contre, les éléments biographiques créés par l’objet-interface doivent être traités avec le plus grand soin car ils sont précieux, intimes, incommensurables. C’est pourquoi la métamorphose des objets pourrait s’accompagner par la création de services dédiés à la sauvegarde, l’accès et la protection pérenne de ces données : des nouvelles banques pour ces valeurs d’un nouveau genre. Ces banques devront gagner notre confiance, nous aider à protéger au mieux ces informations contre ceux et celles qui voudraient s’en emparer à peu de frais, peut-être parfois nous permettre de les monnayer en échange d’autres services. Dans tous les cas, ces données sont un bien précieux, intimement et économiquement.

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  • Jean-Luc Beylatexternal Regarder des contributions
17h00-19h00 | 3 - Nouveaux standards, nouveaux logiciels et nouvelles infrastructures pour les néo-objets Regarder des contributions
Contexte

Il n’y a pas d’internet des objets sans capteurs, il n’y a pas de capteurs sans compatibilité et standards de communication, etc. L’histoire de la traçabilité des objets, qui commence avec le code à barres dans les années 1980, entame ainsi une longue histoire qui se poursuivra avec la nanostructuration des matériaux. La mémoire des nouveaux objets, comme celle de nos ordinateurs, est déportée vers les data centers qui la stocke et la gère selon les modèles du cloud computing. La normalisation pose cependant la question de savoir si la rematérialisation peut réintroduire le modèle de l’industrie des biens d’équipement, ou si c’est au contraire le modèle internet qui est appelé à redéfinir toute l’activité industrielle.
L’enjeu est plus que jamais celui du nouveau monde industriel, et qui fera bouger le modèle internet lui-même :
- soit en le soumettant aux logiques d’un contrôle centralisé, occulte et toujours plus puissant,
- soit au contraire en accentuant son caractère décentralisé et hautement contributif. Ici, se pose la question décisive de la définition des standards, de la régulation et de la transparence de la gestion des données.

Contenu (sous réserve de confirmation)
  • Xavier Barras, société GS1external,

    Le terme « Traçabilité » est relativement récent, cependant on peut considérer que la pratique quant à elle remonte à des temps très anciens. L’homme a toujours souhaité disposer d’informations concernant l’origine ou la destination des produits mais également assurer le suivi d’opérations financières par exemple. Les tablettes d'argile sumériennes, les papyrus égyptiens, les gravures sur les cols d'amphores romaines, grecques ou phéniciennes permettaient d'identifier et de suivre les marchandises. L’industrialisation et ses conséquences en termes d’impacts en cas de non qualité ont progressivement amenées les pouvoirs publics et les entreprises à mettre en place des démarches de traçabilité de plus en plus poussées. Associées au développement de technologies comme  l’informatique, l’internet, le code à barres et plus récemment la RFID (identification par radiofréquence), cette traçabilité est de plus en plus présente dans la vie des individus. Son application à d’autres sphères que celle de sécurité sanitaire amène cependant à s’interroger sur les conséquences pour les libertés individuelles. Quels développement à suivi la traçabilité, quelles sont les perspectives offertes par les technologies et quelles sont les attentes et les craintes des entreprises et des individus concernant la traçabilité ? Beaucoup de questions mais aussi beaucoup de réponses permettent d’imaginer différents scénarii de développement. La perception du risque et les variabilités culturelles en amènent différentes lectures.

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  • Christian Fauréexternal,

    Au cours des dix dernières années, nous avons assisté à une convergence de trois activités industrielles:

    • l’industrie du secteur de l’énergie électrique (industrie dite de «commodité»);
    • celle des réseaux et des télécommunications;
    • celle de l’informatique (de gestion).


    Cette convergence se matérialise dans un outil de production et de gestion industrielle des données numériques, le data center, constitutif de la nouvelle infrastructure industrielle des technologies de l’esprit.

    Le cloud computing désigne ces nouvelles usines du XXI° siècle qui ne transforment pas de la matière, ne fabriquent ni voitures ni avions, ni aucun autre artefact, mais qui fournissent, via internet et le web, de la puissance de calcul et de la capacité de stockage sous forme de services en ligne. Il s'agit en fait des centres de traitement et de production des symboles grammatisés – et des mémoires - de plus de 1,5 milliards d’internautes.

    Ces nouvelles infrastructures du numérique en réseau se sont développées au cours de la dernière décennie grâce au milieu technologique offert par l'internet et le web, et elles sont en train de reconfigurer la plupart des modèles industriels. Mais l'impact de ce nouveau système technologique est à peine initié que, déjà, l'on parle d'un "internet des objets" qui viendrait modifier encore plus en profondeur le visage de nos sociétés.

    Pour tenter d'y voir plus clair, il peut être utile de porter son regard sur les architectures et les infrastructures de ces technologies, en ce qu'elles portent chacune un ensemble de contraintes qui, au final, vont déterminer et influer sur les pratiques et les services qui peuvent émerger : car l'infrastructure détermine des modèles industriels.

    Un des enjeux qui se posent est celui de savoir si l'internet des objets, dans la manière dont son infrastructure peut se développer indépendamment d'internet, porte en lui même un projet différent de l'internet ? Si oui, ces deux infrastructures peuvent-elles coexister entre elles, et selon quels agencements et ajustements ?

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  • Valérie Peugeot, consultante senior à Sofrecomexternal,

    Le web est déjà le réceptacle de multiples sources de données : données produites par les services (catalogue de livres, horaires de train), données publiques (données démographiques, statistiques du travail…), données personnelles des utilisateurs (identifiant, photos, commentaires…), données autoproduites et partagées librement par les mêmes utilisateurs… Demain s’y ajouteront les données générées par nos objets, nos tags, nos capteurs et autres actionneurs.
    Dans ce gigantesque réservoir à données que constitue le Web, les frontières entre ces catégories s’effacent peu à peu, les données circulent et sont de plus en plus utilisées par d’autres que ceux qui les ont créées ou générées.
    Sont apparus récemment dans le monde du web des mouvements en faveur de l’ouverture des données (open data) et de la portabilité des données (data portability). Poursuivant des objectifs différents, ils posent néanmoins quelques questions structurantes communes  jusqu’à quel point les données ont-elles vocation à circuler ? Qui pourra les utiliser et à quelles conditions techniques et juridiques ? L’innovation générée par des données « libres » est elle conciliable avec la protection des données personnelles ?

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27 novembre 2009 Regarder des contributions
10h00-12h30 | 4 - Innovation ouverte et objet inachevé Regarder des contributions
Contexte

Le système des néo-objets pourrait-il devenir un vaste Mécano open source ? On parle désormais de hacking d’objet (aussi bien que de biosynthèse, sinon de nano-objets), do it yourself devenant le mot d’ordre en tous domaines dans ce qui se présente comme une économie générale de la contribution – où la valeur d’usage semble faire retour, ou bien faire place à une valeur pratique non-soluble dans la valeur d’échange : la valeur de l’objet se construirait dans ce qui ne serait plus seulement ou sa customisation, mais bien sa réalisation – au sein de communautés de praticiens partageant ces réalisations d’objets aussi bien que les partitions d’objets, ou spimes virtuels, dont ils sont des interprétations.
Le néo-objet, qui n’est plus le point de départ conduisant au développement de divers services autour de lui, est au contraire le point d’arrivée ménagé par un nouveau type d’industries d’équipements (c’est à dire d’instruments d’interprétation), dont l’imprimante 3D est le précurseur, permettant la concrétisation, dans un espace contributif, de réalisations qui remettent en cause la notion même de service : cet hyperobjet est aussi un objet relationnel où la fonction de production devient essentiellement une fonction de post-production, et où l’innovation ascendante devient une open innovation.

Contenu (sous réserve de confirmation)
  • Daniel Kaplan, Délégué général de la FINGexternal,

    Ces ouverts objets du désir

    L'internet des objets a-t-il quelque chose de vraiment neuf et désirable à nous apporter ? Sans doute, à condition de sortir du paradigme industriel de l'automatisation et de celui, issu des pionniers de l'informatique ambiante, de l'infinie sollicitude de machines qui se dissimuleraient pour mieux nous servir. Ce paradigme produira des résultats réels mais modestes et certes pas révolutionnaires. Ouvrir à l'imaginaire, à la soif d'échanger, à l'énergie productive des gens la capacité de s'exprimer au travers de choses et non plus d'écrans, redonner sa voix à la main, présente des possibilités bien plus vastes.

    Mais alors, d'où viendront les concepts neufs, les objets inédits, les combinaisons inimaginables ? Probablement, comme c'est le cas dans l'internet depuis 15 ans, d'en dehors des industries établies comme des laboratoires spécialisés. L'internet des objets ne se contente pas de connecter des choses. En amont, il assure la continuité entre leur processus - déjà numérique - de conception et de production. En aval, il les rend programmables et bavards, ou au moins traçables. Bref, il dote les choses physiques de nombreuses propriétés du monde numérique et par là-même, les rend infiniment plus plastiques, donc plus accessibles à l'intervention inventive de très nombreuses personnes.

    Le premier enjeu devient alors d'ouvrir les technologies sur lesquelles se fondent ces objets, leurs interfaces de communication et de programmation, mais aussi les outils de leur conception et les données qu'ils produisent. Pas toujours, pas partout, pas d'une manière idéologique, mais parce que, si nous sommes convaincus que les idées viendront de l'extérieur des circuits industriels habituels, il faut rendre leur émergence possible !

    Ensuite, parce qu'intervenir sur la matière nécessite des machines, des matériaux, et souvent d'associer diverses compétences, il faut à ces objets ouverts des espaces de création, de bricolage, d'expérimentation, de prototypage, de reverse engineering, de production locale, d'apprentissage... De tels espaces n'apparaissaient pas indispensables dans le monde numérique, et pourtant ils ont très vite émergé et l'on en rencontre de plus en plus : alors, lorsqu'il s'agit de concevoir des choses, ou des espaces ! Ces espaces s'inventent aujourd'hui, certains pensés et gérés (les "fab labs"), d'autres plus spontanés, autogérés, parfois temporaires ("hackerspaces", dorkbots...). Nous avons un besoin collectif de les faire advenir et grandir. Ils sont les laboratoires du demain.

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  • Massimo Banzi, Co-founder of the Arduino project and CTO of tinker.itexternal,

    Everyday people are using open source technologies and knowledge to build new kinds of interactive objects not available on the market yet. Arduino is one of the technologies favored by these pioneers in their creative process. In this talk we'll discuss the current panorama and provides a few samples of work done in the field of 'Social Design'.

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  • Julian Bleeckerexternal Regarder des contributions
  • Adam Greenfieldexternal,

    The networked objects which are increasingly populating our lives and our cities already generate torrential, unceasing volumes of data about our whereabouts, activities, and even our intentions. How can we ensure that this data is used for the equal benefit of all? What provisions regarding such objects should citizens demand of their municipal governments? How might the juridical order respond most productively to the presence of these new urban actors?

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  • Questions-réponses Regarder des contributions
14h30-16h30 | 5 - Les nouveaux agencements d’objets Regarder des contributions
Contexte

Une organologie tactile est apparue avec les objets communicants dont l’Iphone est le principal représentant, et sur laquelle enchaîne une organologie haptique qui n’engage plus seulement le doigt, mais aussi les mains et avec elles tout le corps et en premier lieu le toucher, aussi bien qu’une organologie du corps propre, de la cellule familiale et plus généralement des espaces domestiques – par des sous-systèmes d’objets à travers lesquels lesquels s’agencent les secteurs industriels des biens d’équipement aussi bien que des services et des opérateurs de réseau : ici se forme un nouveau système des objets précisément au sens où Jean Baudrillard pouvait en parler en 1968. Chaussure et Ipod, mais aussi ameublement, livre et ordinateur, et bien sûr fablabs : un « objet émancipateur » devient-il ainsi domesticable ? Un nouveau milieu d’individuation psychique et collective localisé est-il en cours de formation ?

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  • Georges Amarexternal,

    La mobilité urbaine croît, partout et continûment, mais cette croissance, pourtant créatrice de richesse, est de moins en moins soutenable. Cela constitue une puissante incitation à l’innovation, au-delà des domaines habituels. Tiré par la crise écologique latente et poussé par le développement des TIC, se produit un véritable changement de paradigme : mutation simultanée des usages, des outils, des acteurs et des valeurs de la mobilité urbaine. Le terme même de mobilité, qui s’est imposé sinon substitué à ceux de transport, déplacement ou circulation, est un bon indicateur de cette évolution. On en résumera l’esprit en disant que la mobilité est de mieux en mieux comprise comme création de liens plutôt que comme franchissement de distances. En termes d’innovation, l’accent longtemps mis sur la puissance de transit (vitesse, capacité, portée) se déplace sur des aspects jusqu'alors tenus pour seconds : les usages de la puissance plutôt que son seul accroissement ; les interfaces et l’accessibilité, les lieux, la facilité d’usage, l’information, la relation et les services et, de façon générale, sur les aspects soft. La mutation porte sur la notion même de mode de transport. La « transmodalité » affecte tous les modes, publics, privés, individuels, motorisés ou non. Au-delà des identités modales héritées, leurs métissages constituent un formidable champ d’innovation. Voiture partagée, vélo public, pédi-bus, bus-métro, tram-train, et bien d’autres sont les nouvelles figures du transport.
    La vertu du nouveau paradigme de la mobilité est de redécouvrir la valeur de la relation, dans le cadre d’une évolution générale des comportements et des valeurs, à laquelle Internet et le ‘mobile’ ont donné des ailes. Nous sommes entrés dans « l’univers des échanges », et ce n’est pas le moindre paradoxe que les technologies de la communication à distance aient pour effet la redécouverte du local, du proche et du prochain. L’innovation technologique dans les transports n’a plus pour seul objet l’automatisation des processus mais l’enrichissement des capacités d’interaction et d’intervention des individus, de la vie locale et des activités de proximité. Le champ d’innovation qui s’ouvre pour les transports urbains est lui-même de nature écosystémique : moins préoccupé de « solution optimale » (unique), que de diversité dans les manières de se mouvoir et  d’habiter, d’innovation continue et d’apprentissages croisés ou transculturels.

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  • Benoît Heilbrunnexternal,

    L’économie des marques a historiquement délaissé la question de l’objet lui substituant celle de produit, comme si le caractère de résistance étymologiquement attaché à l’objet allait à l’encontre de ce dispositif de relation marchande qu’est la marque. L’objectif de la réflexion ici proposée sera de soumettre la question de la marque à l’épreuve de ces nouveaux objets communicationnels pour envisager comment ils remettent en case l’idéologie traditionnelle de la marque tout en corroborant un nouveau dispositif techno-culturel visant à induire des manière de dire, de faire et de penser. C’est ici la notion de métissage qui permettra d’envisager un cadre pour penser ces nouvelles logique de marquage. Il sera aussi question d’envisager comment ces néo-objets visent une sorte de démarketisation des marques en substituant à une logique de stock une logique de flux et de reliance.

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  • François Sebbahexternal,

    Avec les néo-objets de l'IDO, ce ne sont pas tant les corps qui sont augmentés des possibilités du numérique (même si l'on peut voir les choses ainsi), c'est bien plutôt le numérique qui se trouve comme augmenté d'un (du) corps.
    Cela dit, s'il donne un corps au virtuel, l'IDO, tout aussi bien, virtualise les corps : le virtuel cesse de se fantasmer hors le monde des corps, il intervient parmi les corps : il ne s'agit plus d'abord d'échanges d'informations, mais véritablement d'actions entre néo-objets, entre néo-objets et humains. Il y a ici une zone d'échange, aux pouvoirs ambivalents, entre les possibilités du virtuel et celles de la communauté des corps. Comment comprendre la nouvelle expérience de l'insertion de mon corps dans le réseau de néo-objets ? Que se passe-t-il dans la trading zone entre communauté des corps et virtuel ? Accroissement de mon pouvoir de relation ? Renégociation perpétuelle des limites du corps propre – dont il appert plus que jamais qu'il n'aura jamais été un donné figé dans les limites du corps objet ? Mais aussi risque de la substitution de la domination (sans altérités réciproques) à la relation et péril pour le « propre » et l'intime ? Dans la rencontre entre mon corps et les néo-objets est particulièrement en jeu l'extraordinaire ambivalence des traces : promesse de survivance de la singularité et/ou traque et identification ?

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17h00-19h00 | 6 - L’industrialisation de l’objet transitionnel et la reconfiguration du temps et de l’espace intimes dans l’interobjectivité des réseaux Regarder des contributions
Contexte

« Coder le savoir sur les individus », comme le dit Xavier Guchet dans un style à la fois foucaldien et deleuzien, tel est à nouveau l’enjeu (comme l’avait déjà décrit, dans une autre mesure, et en d’autres temps, Surveiller et punir). Et on peut le coder :
- pour eux-mêmes, c’est à dire dans une réflexivité critique de leurs propres pratiques, et de leurs propres productions objets ou d’agencements entre objets, et à travers ces objets, entre sujets, aussi bien que dans une critique des « partitions » (spimes) qui en sont les capsules virtuelles,
- ou bien à leur insu, en faisant d’eux les hyperconsommateurs contribuant passionnément et aveuglément à une forme extraordinairement sophistiquée de servitude volontaire.
Telle serait peut-être finalement la grande alternative ouverte par cette « interobjectivité ». Car si la traçabilité devient permanente, hors temps de connexion délibérée, les objets étant eux-mêmes connectés en permanence, et les réseaux locaux qu’ils forment assurant au réseau mondial leur « reporting » objectal, sinon objectif, deux questions seront ici examinées pour instruire les termes d’une telle alternative (qui conduiront comme toujours à un compromis) :
- l’examen d’une histoire de la formation du couple public/privé, appréhendé d’un point de vue anthropologique, c’est à dire en extériorité par rapport à la définition occidentale de cette relation, et l’examen de la possibilité hypothétique de sa disparition,
- l’examen de ce qu’il en est de l’intimité aujourd’hui, et de ce qu’il pourrait en être dans ce réseau d’objets rapporteurs, au moment où l’on s’interroge de nos jours sur ce que Roland Gori appelle l’extime.

Contenu (sous réserve de confirmation)
  • Marie-Anne Dujarierexternal,

    Cette communication expose des résultats issus d’une recherche démontrant que les organisations contemporaines associent les consommateurs à la production au point où l’on peut dire qu’ils travaillent. Trois formes principales de travail peuvent être distinguées. L’enrôlement du consommateur comme coproducteur suppose chaque fois la mise en place de dispositifs matériels et discursifs qui prescrivent, supportent et contrôlent l’activité.  Nous détaillerons les formes dites de « coproduction collaboratives » où le consommateur travaille bénévolement, avec enthousiasme, sur des sites du Web 2.0 qui sont à la fois des produits de consommation et des outils de production communicants.

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  • Alain Abelhauser, psychanalyste, Professeur des Universitésexternal,

    L’extime : drôle de mot.
    Il n’a en fait d’autre prétention que de prolonger la pensée de Freud, s’avisant qu’au plus intime de soi palpite ce qu’il y a de plus étrange, voire de plus étranger à soi.
    Mais que le plus familier se révèle aussi, à l’occasion, le plus étranger et, partant, le plus inquiétant, ne constitue pas seulement une caractéristique du sujet humain ; c’est également quelque chose qui vient spécifier son rapport au monde, à l’autre, et à l’objet.
    Un rapport que ce qu’il est convenu d’appeler la « modernité » module, bien évidemment, conduisant volontiers le sujet à habiter un monde de plus en plus étrange (dès lors que se brise sa surface d’usage), peuplé d’objets censés combler ce sujet, et venant tout au contraire accentuer sa radicale incomplétude.

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  • Jean-Paul Demoule, professeur de protohistoire européenne à l’université de Paris Iexternal Regarder des contributions