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Edition 2010 : Nanomondes et imaginaires de l’hyperminiaturisation Regarder des contributions

14 décembre 2010 Regarder des contributions
09h30-13h00 | 1- Imaginaires industriels et hyperminiaturisation : 1- Imaginaires industriels et hyperminiaturisation Regarder des contributions
Contexte

En partant de la Loi de Moore, premier story-telling mondial, on analysera comment les road-maps, et notamment celles des entreprises liées aux nanotechnologies, structurent le temps de l’innovation en construisant des récits du futur. On examinera dans quelle mesure ces récits font émerger un nouvel imaginaire industriel.

Contenu
  • Bernard Stiegler, Directeur, IRI / Centre Pompidouexternal Regarder des contributions
  • Sacha Loeve,

    « Continuer la loi de Moore » – tel est l’objectif que se sont assignées les nanotechnologies dans le domaine de l’électronique. Or initialement, la loi de Moore n’était pas une « loi » mais le constat suivant, énoncé en 1965 : depuis les premiers circuits intégrés (1958-59), le nombre de composants qu’il faut intégrer sur un même circuit afin de maintenir leur coût unitaire le plus bas possible semble avoir augmenté approximativement d’un facteur deux par an. Si, poursuivant l’effort d’intégration, on standardise la production de manière à conserver un rendement d’échelle optimal (ni trop, ni trop peu de composants sur un même génération de circuits intégrés), alors la miniaturisation et l’augmentation des surfaces de gravure combinées suffiront à générer une croissance basée sur les seules économies d’échelle en termes de coûts de production. En 1968, Moore s’en va co-fonder Intel (INTegrated ELectronics), qui commercialisera en 1971 le premier microprocesseur (unité centrale de traitement dont tous les composants tiennent sur un unique circuit intégré à même le matériau). Ce n’est que progressivement et rétrospectivement que le modèle de Moore s’imposera aux acteurs de l’innovation en microélectronique sous la forme d’une « loi » à la fois prédictive et prescriptive (dictant ce qu’il faut faire pour rester compétitif). Aujourd’hui victime de son succès, la loi de Moore est souvent citée sans égard pour son contenu initial dans des grands discours qui célèbrent l’augmentation vertigineuse des performances des ordinateurs ou en prophétisent le futur : fin de la loi de Moore, buttant contre un mur physique, et passage éventuel à une autre électronique (nano) ; continuation indéfinie de la loi de Moore confirmant la suprématie des seuls « vrais » nanotechnologues, les leaders de l’électronique silicium ; sur-vie de la loi de Moore, sautant comme elle l’a toujours fait par-dessus les obstacles à la miniaturisation avec l’aide éventuelle des nanotechnologies. Nous soutenons que la loi de Moore n’est ni une loi empirique ni une prophétie auto-réalisatrice. Elle est la projection dans le passé et dans le futur d’un imaginaire économique construit sur la base d’un rapport caractéristique à la matière et au temps des techniques, et par lequel tout un monde industriel s’énonce, célèbre sa réussite et structure ses attentes. Le monde de la microélectronique, dans lequel nous vivons, communiquons, travaillons, consommons, rêvons, est aussi ce monde dont, aujourd’hui, l’intelligence économique nous échappe, ce monde qui opère des transactions financières à la vitesse des flux électroniques, qui programme l’obsolescence de générations successives de machines et qui génère quantité de déchets high-tech – face cachée mais bien matérielle de notre soi-disant « économie de l’immatériel ». Or, lorsqu’on se demande si les nanotechnologies vont permettre de « continuer la loi de Moore », on ne les positionne que sur des questions de faisabilité technique et l’on néglige de poser le problème au niveau où il mériterait d’être posé : celui d’une imagination économique socialement désirable fondée sur d’autres rapports à la matière et au temps des techniques.

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  • Françoise Roure,

    Cette intervention portera sur les synergies entre l'imagination, les l'acquisition de connaissances et compétences asistée par des technologies à puissance cognitive sans précédent dansl'histoire des sciences et techniques, et l'orientation de la recherche et de l'innovation vers création de biens et services centrés sur la qualité de vie. Les sciences cognitives, la robotique, la réalité virtuelle au service de l'éducation, de la santé, de l'innvoation sociale pour le quotidien, et de la production du futur, sont au coeur de la traduction de l'imagination dans des actions à forte utilité sociale.Avec l'accompagnement éthique que ces changements induisent auprès des différentes composantes du corps social.

     

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  • débat Regarder des contributions
14h30-16h30 | 2- Imaginaires scientifiques : 2- Imaginaires scientifiques Regarder des contributions
Contexte

Les imaginaires scientifiques sont dans le champ des nanotechnologies, une composante en soi de la recherche et héritent de généalogies différentes. Nous proposons d’appréhender ces imaginaires d’une part au travers des objets de laboratoire, médiateurs obligés, et par le vecteur de la production/diffusion des images.

Contenu
  • Andrew Mayne,

    Actuellement le progrès technique en microélectronique est tel que la taille des composants diminue très rapidement. Cependant, il existe une limite inférieure qui nous empêche d’aller plus loin ; c’est la taille d’un atome. A cette échelle du tout petit, la physique classique ne marche plus et c’est les lois de la physique quantique qui prime. Dans ce contexte, nous cherchons d’autres pistes, qu’on peut appeler l’électronique moléculaire. Il s’agit, à long terme, de remplacer les composants actuels par des molécules organiques susceptibles d’avoir des fonctions chimiques spécifiques ou des fonctions physiques utilisables dans des composants nanométriques. Par exemple, on pourrait utiliser des molécules comme un commutateur, un rotor, ou une source atomique de photons.

    Grâce à l'utilisation du microscope à effet tunnel (STM), il est devenu possible non seulement de visualiser des molécules individuelles adsorbées sur des surfaces mais aussi de les manipuler. Quelques exemples de la manipulation de molécules individuelles utilisant la pointe du STM comme source d'électrons de dimension atomique seront présentés. Des idées pour contrôler l’attachement de ces molécules sur des surfaces afin de les incorporer dans des composants nanométriques seront discutées. Un résultat particulièrement intéressant concerne les interférences quantiques sur la surface de graphène. Jusqu’à présent ces interférences quantiques, observées au voisinage des défauts ou des bords de marches, ont été analysées en considérant des ondes électroniques de surface 2D complètement délocalisées. En réalité les densités d’états électroniques sont localisées au voisinage des liaisons C-C. Ceci a d’importantes conséquences car cette approche montre que les interprétations liées à la transformée de Fourrier décrites depuis des années sur les nanotubes de carbone, le graphite et le graphène sont erronées.

     

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  • Catherine Allamel-Raffin,

    Il s’agira dans cette communication de faire écho à la présentation d’Andrew Mayne. Nous prendrons comme point d’entrée les images scientifiques produites au sein des nanosciences. Nous proposerons une typologie de ces images selon leurs fonctions et selon leurs régimes de production. Ceci nous conduira à définir plus précisément l’expression même d’image scientifique et à envisager le champ d’extension que l’on peut lui conférer (ce champ d’extension est vaste et ne fait consensus ni au sein des laboratoires de nanosciences, ni en philosophie). Dans un deuxième temps, nous présenterons une typologie des images en adoptant un point de vue génétique. En effet, les images ne sont pas toutes réalisées selon une procédure unique et ne remplissent pas les mêmes fonctions au cours des phases de production et de validation des résultats. Nous constaterons en particulier que le sens d’une image scientifique n’est pas donné, mais qu’il est le fruit d’une série d’opérations successives (interprétation, identification, nomination) menées par les chercheurs au sein de leur laboratoire. Enfin, tout en soulignant l’extrême difficulté rencontrée au cours de l’entreprise visant à produire certaines de ces images, nous tenterons de comprendre quels sont les processus qui permettent à certaines d’entre elles (très peu par rapport à l’ensemble de celles qui sont réalisées quotidiennement) de figurer dans une publication et de constituer des « éléments de preuve » susceptibles d’être intégrés dans un faisceau destiné à convaincre les chercheurs eux-mêmes et leurs pairs de la robustesse de leurs résultats expérimentaux.

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  • Christian Joachim,

    Sans avoir à atteindre l’échelle de la monocouche moléculaire et encore moins le matériau massif pour réaliser des dispositifs expérimentaux, on commence à savoir manœuvrer quelques molécule-machines d’un petit nanomètre d’envergure. Bien sur et un peu au dessus, le fonctionnement des machineries macromoléculaires de la vie est également en cours d’exploration. On ferra le point sur les premières petites molécules capables d’embarquer une fonction calcul ou un petit nombre de fonctions mécaniques. La manière d’échanger de l’information et/ou de l’énergie avec une seule molécule ou un circuit atomique de surface sera discutée. Il sera notamment question de la construction de nouveaux équipements d’interconnexion multi-accès avec une précision atomique montrant que la course à l’hyper-miniaturisation ne s’est pas arrêté à l’invention du STM et à sa capacité à manipuler à l’unité atomes et molécules.

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  • Laurent Gouzènes Regarder des contributions
  • Jean-Luc Beylatexternal Regarder des contributions
17h00-19h00 | 3- Imaginaires anthropologiques : 3- Imaginaires anthropologiques Regarder des contributions
Contexte

L’homme s’est humanisé en se projetant dans des outils. Son évolution s’est faite dans le sens d’une extériorisation de ses différentes fonctions biologiques. Or, les nanobiotechnologies – vecteurs médicamenteux, nano-dispositifs de type biopuce, nano-implants – nous confrontent à une situation inédite : qu’en est-il du sens de l’évolution humaine dès lors que les artefacts investissent le corps ? On s’appuiera sur des recherches en cours pour interroger les représentations de l’homme futur et la prothéticité.

Contenu
  • Xavier Guchet, Université de Paris Iexternal,

    Cette session sera l'occasion de réfléchir à la portée des technologies transformationnelles (« potentialisées » par les nanotechnologies), non pas sous l'angle de leurs effets à l'échelle de quelques années ou même de quelques décennies – effets sur la production industrielle, sur les modes de consommation, sur la communication etc. – mais sous l'angle de leurs effets à l'échelle des temps zoologiques. Les paléoanthropologues ont établi depuis longtemps que l'homme s'est constitué en se projetant dans des « prothèses » aussi bien techniques que sociales : au commencement de l'hominisation, nous trouvons en effet un double geste « d'extériorisation » - extériorisation des fonctions biologiques dans les outils, mais aussi extériorisation des programmations du vivant dans une mémoire sociale supportée par un langage. L'homme s'est fait son corps biologique et son « corps social » dans et par les prothèses qu'il s'est données ; la prothèse extériorisée a été constitutive du corps humain comme corps humain, à la charnière du biologique et du social, du vital et du symbolique. En résumé, il faut admettre que l'homme est l'être du détour : c'est en s'extériorisant qu'il s'est constitué. Or, les technologies transformationnelles semblent à première vue rompre avec cet héritage des commencements. En effet, en donnant les moyens d'intervenir  dans les morphogénèses vitales, elles semblent inaugurer une nouvelle ère de l'anthropogénèse : une ère dans laquelle l'homme ne se constituera plus comme homme en faisant le détour par l'extérieur (extériorité du monde naturel, extériorité du social), mais en intervenant directement sur son organisme.

    Quelle sont exactement la signification et la portée anthropologiques des technologies transformationnelles ? Sommes-nous effectivement en train de passer à un nouveau régime anthropogénétique ? Peut-on repérer l'émergence d'une configuration inédite de l'articulation en l'homme du vital, du technique et du social ? Telles sont les questions qui seront abordées dans cette session. 

     

    Regarder des contributions
  • Daniela Cerqui,

    Les technologies qui nous entourent sont, pour paraphraser Gilbert Simondon, la concrétisation d’un mode de pensée qui leur préexiste. Les nanotechnologies ne font pas exception à la règle, et constituent l’aboutissement d’une volonté de manipulation du vivant qui s’opère à une échelle toujours plus petite. Il s’agira de montrer que cette volonté, qui fait écho à un imaginaire dans lequel l’humain est intrinsèquement imparfait, se manifeste sous la forme de véritables projets politiques, le rapport américain publié en 2002 par Roco et Bainbridge constituant l’exemple le plus évident. Les biotechnologies, les technologies de l’information, les sciences cognitives et les nanotechnologies y sont mises sur un pied d’égalité, alors que ces dernières ont en réalité un statut à part, en ce sens que, caractérisées non pas par un objet mais par une échelle, elles peuvent s’appliquer à toutes les autres. Au final, un rapport comme celui-là promeut une vision cybernétique du monde, dans laquelle règne une interchangeabilité absolue entre le vivant et le non vivant. Ce faisant, il légitime des recherches comme celles de Kevin Warwick qui, dans son laboratoire anglais, vise à faire fusionner des systèmes nerveux vivants avec des machines avec le but avoué d’améliorer un humain devenu obsolète ; au risque d’atteindre un point de rupture qui, à l’échelle de l’Evolution, conduirait à l’extinction d’homo sapiens.

    Regarder des contributions
  • José-Alain Sahel Regarder des contributions
  • débat Regarder des contributions
  • IRI, Carrefour des possibles FING, Vivagora, Cap Digital,

    Présentation de projets

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15 décembre 2010 Regarder des contributions
09h30-12h30 | 4- Design et outils de représentation : 4- Design et outils de représentation Regarder des contributions
Contexte

Au delà de la manière dont le récent débat public sur les nanotechnologies piloté par la CNDP a été géré, sur laquelle on pourra revenir, on analysera la façon dont les recherches en nanotechnologies sont devenues un « terrain d’expérimentation » pour construire de nouveaux rapports entre science et société et faire émerger une « société de la connaissance ». Les nanos induisent pour les designers un renouvellement des rapports habituels entre forme et matière. Ce rapport est notamment bouleversé tout d’abord dans le design utilisant déjà des nanoparticules, ou même des micro-surfaces ou micro-peaux mais surtout du fait que le nanomonde ne s’appréhende que par des outils de médiation du réel : instrumentation, discrétisation, représentation de données, simulation, transmodalité.

Contenu
  • Alain Cadix, ENSCI-Les Ateliersexternal Regarder des contributions
  • Patrick Pajon,

    L’imaginaire est la « faculté de déformer les images fournies par la perception » (Bachelard), et chaque culture possède un sensorium et un imaginarium propres… Le nanomonde, qui est déjà en soit une construction imaginaire, est depuis qqs années un « lieu » qu’il a fallu mette en visibilité à des fin d’opération, d’explication et de promotion. Les images du nanomonde diffusées auprès du grand public ont largement joué des effets d’imagination que produisent les brusques ruptures d’échelle : brouillage des repères, monstration de nanopaysages, fascination pour le minuscule, … tels sont les traits principaux de cet imaginarium naissant qui s’organise autour de deux noyaux de sens : le réenchantement de la matière, mais aussi le projet de matriçage interne au plus intime celle-ci. Les choses se passent donc désormais à une autre échelle, une échelle où les sens « nus » sont inopérants ! Révélateur de cette disqualification des sens non instrumentés, le « nanomonde » et les technologies qui vont s’y enraciner (particulièrement les NBIC) annoncent dans le même temps la généralisation d’un nouveau sensorium digitalisé dont le modèle serait la triade « Detect/Compute/Display ». On s’attachera à donner quelques exemples de cette nouvelle « formes symbolique » dans les domaines de la science, de l’art, et de la vie quotidienne en constatant combien l’action et la présentation sont ici intimement liées.

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  • Sylvie Tissot,

    Dans environ 15 ans, l'élément de base de l'information, le bit, pourra être inscrit dans la matière à l'échelle de l'atome et des particules. Or à cette échelle, les lois de la physique classique ne sont plus valables et il faut appliquer celles de la physique quantique : superposition d'états, interférences ou intrications... Il faut donc re-penser la manière de traiter l'information ; c'est l'objet d'une discipline scientifique récente, le calcul quantique. Parallèlement à cette approche théorique, le design numérique peut-il engendrer de nouvelles représentations permettant de manipuler les bits quantiques ? Telle est la question à laquelle tente de répondre le projet quantum-design.

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  • Etudiants ENSCI les ateliers Regarder des contributions
14h00-19h00 | 5- Imaginaires politiques et ingénierie du débat public : 5- Imaginaires politiques et ingénierie du débat public Regarder des contributions
Contexte

On analysera ici la façon dont les recherches en nanotechnologies sont devenues un « terrain d’expérimentation » pour construire de nouveaux rapports entre science et société et faire émerger une
« société de la connaissance ». Or, Cap Digital a mis en place un groupe de travail sur l’innovation sociale et se mobilise sur le développement d’outils de gestion et d’échange de connaissances et de débat. Au-delà de la manière dont le débat sur les nanotechnologies a été géré (sur laquelle on pourra revenir), cette session vise à interroger en quoi le débat sur les nanos, mais, plus largement, la question du principe de précaution, nous obligent à repenser les outils de gestion de crise et de débat public ainsi qu’à poser à nouveaux frais la question fondamentale de la confiance (trust).

Contenu
  • Bernard Stiegler, Directeur, IRI / Centre Pompidouexternal Regarder des contributions
  • Brice Laurent,

    Les nanotechnologis ont donné lieu à de nombreuses interrogations éthiques, qui ont été intégrées dans les programmes de politique scientifique. La prégnance des questionnements l’éthique relatifs aux nanotechnologies incite à analyser la construction de connaissances en éthiques, les façons de mobiliser l’éthique pour l’action publique et la conduite des pratiques individuelles, et les formes politiques que stabilisent (ou déstabilisent) différentes formes d’éthique. La comparaison internationale est une façon de dénaturaliser l’intervention de l’éthique. Elle est d’autant plus pertinente que les éthiciens, les problèmes liées aux nanotechnologies et les substances de taille nanométrique circulent d’un pays à l’autre. Aux Etats-Unis, l’éthique est appelée à fournir une expertise objective, à distance, visant à alimenter la décision politique. Mais le modèle de la bioéthique – qui répond à cette exigence – est mis à mal par les nanotechnologies, qui suscitent en retour des expérimentations de science sociale visant à démontrer à petite échelle la possibilité d’une éthique intégrée dans le laboratoire. Par contraste, le cas européen permet de mettre en lumière la mobilisation de l’éthique comme composante de la politique scientifique, et par là de l’identité européenne. Celle-ci est définie par des « principes » (précaution, compétitivité, transparence,…) opérationnalisés dans des instruments de gestion de la recherche, toujours réinterrogés, et dont la frontière avec la construction des nanotechnologies elles-mêmes (par exemple les nanomatériaux comme nouvelles substances chimiques) est controversée.

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  • Ermeline Malcotte Regarder des contributions
  • Philippe Aigrain Regarder des contributions
  • débat Regarder des contributions
  • Dominique Boullier,

    Faire entrer les techniques en politique est un travail sans cesse à refaire, tant on leur attribue d'évolutions naturelles et une toute puissance abusive. C'est dans cet objectif notamment que Bruno Latour a créé les cartographies des controverses au médialab, pour inventer le nouveau média dynamique qui permet d'explorer toutes les dimensions d'une question ("issue" en anglais). Faire ce travail, c'est tenter de faire émerger et coopérer cette opinion publique que Lippman qualifiait de fantôme. Opinion invisible que l'on invoque mais qui sur le web laisse des traces, non agrégées comme dans les sondages. Mais lorsque cette opinion invisible doit être rendue visible à propos d'une controverse de très longue durée sur une technologie invisible, les nanotechnologies, on comprend qu'il y a là quelque chose qui touche profondément à notre paradigme moderne, celui de la maitrise d'une nature objectivée, rendue visible, parce que l'on a délibérément tranché dans la façon de traiter avec les invisibles ( pour caricaturer, les atomes, oui, les esprits, non!). Les outils des cartographies des controverses établis par Bruno Latour et le médialab peuvent être complétés par une boussole des cosmopolitiques qui permet de voir comment la remise en politique des nanotechnologies peut se faire selon plusieurs modèles, de la première modernisation à la seconde qui serait, elle, réflexive (Beck).

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  • Jean Sallantin,

    Les réponses aux défis tels que le climat, la pollution, l'habitat, la démographie, les nouvelles communications, nous invitent à réinventer des modes d'implication des scientifiques dans la vie de la cité. Ces défis font l’objet de controverses auxquelles la connaissance scientifique seule ne peut trouver de consensus puisqu’ils concernent la société dans toutes ses facettes. De nouvelles formes d'organisation des débats doivent permettre un échange entre les différents acteurs scientifiques, politiques, juristes et la société civile. Elles mettent au défi des modes bien instaurés et peut-être obsolètes de communication entre individu et institutions. L’intervention des scientifiques sous forme d’explication objective ne suffit pas pour faire comprendre aux publics les enjeux profonds d’une technoscience : seule une prise de parole montrant l’engagement des scientifiques en tant qu’experts de leur domaine peut permettre à la société civile de se construire un point de vue par confrontation de différents points de vue. Les questions, conséquences et usages, mais aussi les désaccords, les doutes et les polémiques, doivent être abordés en profondeur et pris en considération par l’ensemble des acteurs de la controverse, scientifiques et grand public. Il est donc nécessaire de concevoir et développer des dispositifs adaptés à l’émergence de débats publics argumentés sur ces thématiques concernant l’ensemble des acteurs de la société et de concevoir autrement le dialogue avec les experts et scientifiques. La science d’aujourd’hui se doit de relever ce défi sociétal. Les scientifiques, comme les citoyens, administratifs et politiques, sont partie prenante dans les grands débats concernant les défis planétaires de nos temps de crise pour lesquels il y a une nécessité de décider après des débats loyaux et ouverts. D’où la recherche de jeux de débats cherchant des solutions créatives au risque mesuré.

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  • Dorothée Benoit Regarder des contributions
  • débat Regarder des contributions